Étagé à un millier de mètres d'altitude sur les pentes du volcan Agung, Besakih est le plus vaste et le plus sacré des temples de Bali, une vingtaine de sanctuaires que les Balinais appellent le temple mère. La visite se prépare surtout autour d'une question : comment profiter du lieu sans tomber dans l'arnaque du « guide obligatoire » qui a fait sa mauvaise réputation. On répond à ça en premier, le reste (prix, tenue, accès) suit juste après.
| Où | Besakih, Rendang, régence de Karangasem, Bali |
|---|---|
| Entrée | ≈ 60 000 IDR (~3,50 €), ouvert de 7 h à 19 h |
| Le piège | Le guide n'est PAS obligatoire, on vous le fera croire à l'entrée |
| Durée | 2 h à 3 h sur le site, sarong prêté ou loué à l'entrée |
| Accès | 1 h 30 à 2 h d'Ubud, 2 h à 2 h 30 du sud, dans l'est de Bali |
Sommaire
L'arnaque du « guide obligatoire » à l'entrée
C'est l'information la plus recherchée sur Besakih, et la plus utile. Le site est réputé depuis des années pour ses rabatteurs, qui abordent les visiteurs dès le parking. Rien de dangereux, mais mieux vaut savoir dire non. Voici ce que vous devez vraiment payer, ce qui reste facultatif, et ce qui relève du bluff.
Ce que vous payez vraiment pour entrer
La liste est courte. Au guichet officiel du parking Manik Mas, vous réglez un billet, vous mettez un sarong, et c'est à peu près tout. Le tarif officiel du billet d'entrée est affiché au guichet, ≈ 60 000 IDR par adulte (~3,50 €). Prenez le billet là, en espèces, et gardez-le : c'est votre preuve si on vous réclame un supplément plus haut.
Le sarong et l'écharpe sont obligatoires dans l'enceinte, comme dans tous les temples de Bali, prêtés ou loués pour quelques milliers d'IDR. Si vous avez le vôtre, mettez-le, personne ne vous en louera un de force. Depuis la rénovation, le grand parking Manik Mas (ouvert en 2023) est à 1 km du temple : une navette électrique monte au temple pour un petit supplément, ou vous grimpez à pied en 10 à 15 minutes. C'est le seul vrai « extra » du site.
Utile, parfois, mais jamais imposé
Ces services existent et peuvent avoir du sens. La règle : vous décidez, vous fixez le prix à l'avance, et rien de tout cela ne conditionne votre entrée. Comme on ne pénètre pas dans les cours sacrées, un guide local sert surtout à raconter le site et vous mener aux bons points de vue, à négocier avant, autour de 100 000 à 150 000 IDR. Il peut valoir le coup, mais fixez le prix et le parcours avant de partir, jamais à la fin.
Recevoir une bénédiction d'un prêtre et laisser une petite offrande fait partie de l'expérience : le montant de la donation est libre, 10 000 à 20 000 IDR suffisent largement, et rien ne vous oblige à inscrire une somme dans un registre. Pour la montée, par forte chaleur ou avec des enfants, la navette électrique se justifie. En forme et sans bagages, la montée à pied est courte et gratuite.
Ce qu'on vous fait croire pour vous faire payer
Besakih traîne cette réputation depuis des années et reste connu pour ses rabatteurs. Le grand classique : « le guide est obligatoire pour entrer ». On vous l'affirme dès le parking, comme si aucun visiteur n'entrait sans guide. C'est faux, votre billet suffit. Déclinez poliment, avancez, et adressez-vous au guichet officiel. Autre technique, « votre ticket ne couvre pas cette zone » : un rabatteur vous « vend » un ticket bien au-dessus du prix affiché, ou réclame un second paiement plus haut. Payez uniquement au guichet officiel, vérifiez le montant affiché, gardez votre billet en main.
On vous présente parfois un cahier où figurent des montants élevés (100 000, 200 000 IDR) laissés par d'autres visiteurs, avec un « donation obligatoire, voici le registre ». C'est une technique de pression, la donation reste libre et modeste, ne vous laissez pas cadrer par le registre. Enfin, quelqu'un peut se mettre à marcher avec vous en commentant, sans prix annoncé, puis exiger une grosse somme à la sortie : si vous n'avez rien demandé, dites-le d'emblée et clairement, ou fixez un tarif dès la première phrase.
Rien de tout cela n'enlève sa grandeur au lieu : Besakih reste le plus vaste temple de Bali. Ces mises en garde servent juste à visiter l'esprit tranquille, en sachant dire non sans se sentir coupable.
La bonne attitude en une phrase
Payez uniquement au guichet officiel, gardez votre billet en main, et fixez le prix de tout service (guide, navette) avant d'accepter. Un « non » ferme et souriant suffit à écarter les rabatteurs : ils cherchent les visiteurs hésitants, pas la confrontation.
Un complexe d'une vingtaine de temples sur le volcan
Besakih n'est pas un temple mais un ensemble d'une vingtaine de sanctuaires reliés par des escaliers et des cours en terrasses, sur près de trois kilomètres à flanc de montagne. Au centre trône Pura Penataran Agung, le grand temple, reconnaissable à sa longue volée de marches gardée par des statues et à ses hauts meru aux toits de fibre noire.
Comme partout à Bali, on n'entre pas dans les cours sacrées, réservées aux fidèles. La visite se fait par les allées, les escaliers et les terrasses qui montent vers le volcan : la récompense, c'est la perspective des toits étagés sur fond de Gunung Agung, et par temps clair, la vue qui plonge sur toute la plaine de l'est jusqu'à la mer.
Le site est le plus grand de l'île, comptez donc 2 h à 3 h pour en faire le tour sans courir, avec de la montée. Venez en matinée : la lumière est meilleure, les cars ne sont pas encore là, et les nuages qui coiffent souvent le volcan l'après-midi restent en retrait.
Les règles de respect (offrandes, cérémonies, autels) valent ici comme ailleurs. Elles sont détaillées dans notre guide des temples de Bali.

Prix d'entrée et horaires en 2026
Le site est ouvert tous les jours, de 7 h à 19 h environ, dernière montée en fin d'après-midi. Depuis la rénovation du site, tout se paie au complexe d'accueil Manik Mas, en contrebas du temple, en espèces de préférence. Voici les tarifs constatés début 2026, avec ce qui est dû et ce qui reste facultatif.
| Poste | Tarif 2026 |
|---|---|
| Adulte étranger | ≈ 60 000 IDR (~3,50 €) |
| Enfant étranger | ≈ 30 000 IDR (~1,80 €) |
| Sarong et écharpe | Prêtés ou loués quelques milliers d'IDR |
| Navette électrique du parking Manik Mas | Incluse ou petit supplément |
| Parking scooter / voiture | 2 000 à 5 000 IDR |
| Guide local (facultatif) | 100 000 à 150 000 IDR, à négocier avant |
Le billet d'entrée reste modeste : ce sont les « suppléments » poussés à l'entrée qui font grimper l'addition si on se laisse faire. Le guide et la donation sont facultatifs, la navette du parking est le seul extra réel. Le comparatif des prix de tous les temples se trouve sur notre page temples de Bali.
Quelle tenue pour visiter Besakih
La règle est celle de tous les temples de l'île : sarong noué à la taille et épaules couvertes, pour les femmes comme pour les hommes. À Besakih, le sarong se prête ou se loue pour quelques milliers de roupies à l'entrée, mais si vous enchaînez plusieurs temples, achetez le vôtre au marché : plus simple et plus propre.
On monte beaucoup ici, sur des marches parfois hautes et irrégulières. Prévoyez de bonnes chaussures, de l'eau, et une couche légère : à 1 000 mètres, l'air est plus frais qu'au bord de mer et le temps tourne vite près du volcan.
Ces usages découlent de l'hindouisme balinais qui rythme toute la vie de l'île. Pour comprendre offrandes, cérémonies et jours sacrés, lisez notre guide culture et religion à Bali.
Comment aller à Besakih
Besakih se trouve dans l'est de Bali, à l'écart des zones touristiques, sans aucun transport public. C'est un trajet à préparer : scooter pour les habitués, chauffeur à la journée pour la plupart, ou excursion organisée pour ne rien gérer.
Depuis Ubud
1 h 30 à 2 h, 45 km. La base la plus logique. La route passe par Klungkung et Semarapura, puis grimpe vers Rendang et les flancs du volcan. Un chauffeur à la journée permet d'enchaîner avec Sidemen ou une cascade sur le chemin du retour.
Depuis le sud (Kuta, Seminyak, Canggu)
2 h à 2 h 30, 60 à 65 km. Le plus loin. On ne fait pas Besakih en aller-retour rapide depuis le sud : c'est une journée complète, chauffeur quasi indispensable. Partez tôt pour arriver avant la chaleur et les groupes.
Depuis l'est (Candidasa, Sidemen, Amed)
45 min à 1 h 30, 20 à 40 km. Le bon plan des voyageurs : dormir dans l'est rapproche tout. Depuis Sidemen ou Candidasa, Besakih se visite en matinée, avant l'arrivée des cars, dans une lumière plus douce sur le volcan.
Besakih en excursion, sans rabatteurs ni logistique
- Prise en charge à l'hôtel, chauffeur pour la journée et guide qui gère l'entrée. Plus de « guide obligatoire » imposé sur place.
- Les circuits de l'est combinent souvent Besakih avec Lempuyang, Sidemen ou une cascade.
- Annulation gratuite jusqu'à 24 h avant sur la plupart des offres.
Pour comparer les formules, les circuits sur Klook proposent aussi Besakih avec chauffeur et guide inclus.
Scooter, chauffeur ou excursion ?
En scooter, Besakih se mérite : deux heures de route depuis le sud, de la montagne et de la pluie possible l'après-midi, à réserver aux conducteurs à l'aise. Le chauffeur à la journée (40 à 60 € à partager) reste la formule reine : il connaît la route, gère le parking et vous attend. L'excursion organisée, elle, a un avantage propre à Besakih : le guide gère l'entrée et coupe court aux rabatteurs. Pour caler Besakih au bon moment, nos itinéraires à Bali placent l'est de l'île sur une journée dédiée.
Location, permis, applis Grab et Gojek : tout est dans notre guide se déplacer à Bali.
Où dormir pour visiter Besakih tranquille
Le vrai secret pour profiter de Besakih, c'est de ne pas venir du sud le matin même. En dormant une nuit dans l'est de Bali, on arrive au temple à l'ouverture, avant les cars, dans une lumière superbe sur le volcan, sans deux heures de route dans les jambes.
La vallée de Sidemen, à 30 minutes, aligne les guesthouses et lodges face aux rizières et au Gunung Agung, souvent pour le prix d'une chambre banale du sud. Candidasa et la côte est offrent l'option bord de mer, pratique pour enchaîner avec Lempuyang ou la plongée d'Amed le lendemain.

Dormir dans l'est de Bali, près de Besakih
Le temple mère, et le miracle de l'éruption de 1963
Besakih est vénéré depuis plus de mille ans. Le site aurait des racines préhindoues, avant de devenir sous les royaumes balinais le sanctuaire central de l'île, celui dont dépendent tous les autres. C'est de là que vient son surnom de temple mère : chaque Balinais y a un lien, et beaucoup montent au moins une fois dans leur vie y honorer leurs ancêtres.
Sa position n'a rien d'un hasard. Besakih regarde le sommet du Gunung Agung, le volcan le plus haut et le plus sacré de Bali, demeure des dieux dans la cosmologie de l'île. Le temple s'aligne sur cet axe entre la montagne et la mer qui structure toute la spiritualité balinaise.
En 1963, l'Agung entre dans une éruption meurtrière au moment même où se déroule à Besakih la grande cérémonie Eka Dasa Rudra, célébrée une fois par siècle. Les coulées de lave dévalent la montagne, encerclent le complexe et s'arrêtent à quelques mètres des sanctuaires principaux, sans les détruire.
Pour les Balinais, le message des dieux était clair, et l'aura du lieu en est sortie renforcée. C'est cette charge sacrée, plus que l'architecture, qui fait de Besakih un temple à part : on ne le visite pas comme un monument, on l'approche comme le cœur spirituel de l'île.
Comprendre l'hindouisme balinais


