Quelle est la religion à Bali ? La répartition en chiffres
La religion de Bali est l'hindouisme balinais : 86,5 % des habitants sont hindous et 10,2 % sont musulmans, d'après les chiffres 2024 du ministère indonésien des Affaires religieuses (Kemenag). Bali est ainsi la seule province à majorité hindoue d'Indonésie, un pays où l'islam rassemble 87 % de la population.
| Religion | Habitants | Part |
|---|---|---|
| Hindouisme | 3 773 617 | 86,53 % |
| Islam | 444 905 | 10,20 % |
| Protestantisme | 75 233 | 1,73 % |
| Catholicisme | 36 959 | 0,85 % |
| Bouddhisme | 29 683 | 0,68 % |
| Confucianisme | 593 | 0,01 % |
À l'échelle du pays, le rapport s'inverse : selon l'état civil indonésien (Dukcapil, premier semestre 2024), 87,1 % des Indonésiens sont musulmans et 1,7 % hindous, soit 4,7 millions de personnes. En croisant les deux sources, on obtient un ordre de grandeur parlant : environ quatre hindous indonésiens sur cinq vivent à Bali.
Ces chiffres sont administratifs : ils comptent la religion déclarée à l'état civil, pas la pratique. Vous trouverez ailleurs 90 % ou 93 % d'hindous et 5 % de musulmans. Ces valeurs circulent sans source datée. La part des musulmans, elle, a progressé avec l'arrivée de travailleurs venus de Java et de Lombok.

Sommaire
Quel pourcentage de musulmans en Indonésie, et à Bali ?
Environ 87 % des Indonésiens sont musulmans : 87,15 % selon les données 2025 du ministère de l'Intérieur, citées par Wikipédia. Viennent ensuite les protestants (7,37 %), les catholiques (3,07 %) et les hindous (1,66 %).
À Bali, les proportions s'inversent. L'île compte 86,5 % d'hindous et environ 10 % de musulmans, d'après les chiffres 2024 du ministère des Affaires religieuses, surtout à Denpasar, dans le Buleleng et dans l'ouest. La raison de cet écart tient à l'histoire, racontée juste en dessous.
Pourquoi Bali est hindoue alors que l'Indonésie est musulmane
Avant d'être musulmane, l'Indonésie a été hindoue et bouddhiste pendant plus de mille ans. Bali n'a pas résisté à une conversion : elle a gardé une religion que le reste de l'archipel a abandonnée, puis a dû la faire reconnaître par l'État indonésien.
Comment l'hindouisme est arrivé à Bali
Dès les premiers siècles de notre ère, des marchands indiens s'installent sur les côtes de Sumatra et de Java avec leurs épices, leurs textiles et leurs croyances. L'hindouisme et le bouddhisme gagnent les cours royales, qui y trouvent un modèle politique et spirituel. À Bali, la trace la plus connue est le pilier de Blanjong, à Sanur, daté de 914 : l'île était déjà dans l'orbite hindoue-bouddhiste bien avant le grand empire javanais de Majapahit (XIIIe-XVIe siècle), qui l'annexe au XIVe siècle.
L'islam par les routes commerciales, et l'exception balinaise
L'islamisation de l'archipel ne s'est pas faite par la conquête : elle a suivi le commerce. Dès le XIIIe siècle, des marchands musulmans venus du Gujarat, d'Arabie et de Chine s'installent dans les ports du nord de Sumatra. Le sultanat de Pasai, fondé vers 1267, est considéré comme le premier État musulman d'Indonésie. Se convertir, c'était entrer dans un réseau marchand qui allait de l'Inde à la Chine. Les élites portuaires basculent d'abord, les campagnes ensuite.
Bali avait moins à gagner dans ce réseau : pas de grand port marchand, une économie tournée vers la riziculture en terrasses et l'intérieur montagneux. Ses royaumes avaient aussi une raison politique de défendre leur identité face aux sultanats javanais. Le récit populaire veut que toute la cour de Majapahit, ses prêtres et ses artistes se soient réfugiés à Bali après la chute de l'empire face au sultanat de Demak, vers 1527. Les historiens le nuancent : Majapahit était déjà démembré à cette date, et une partie de l'est de Java (Blambangan) est restée hindoue sous la protection de Bali. Des lettrés et des prêtres javanais, dont le brahmane Dang Hyang Nirartha, ont bien marqué la religion balinaise, mais sur une base déjà ancienne.
1958 : comment l'hindouisme balinais est devenu une religion officielle
À l'indépendance, la religion balinaise n'était pas reconnue. Le premier principe du Pancasila, la philosophie d'État indonésienne, impose la croyance en un Dieu unique. Les Balinais ont donc mis en avant Sang Hyang Widhi Wasa, dieu suprême dont les autres divinités sont des manifestations. Une pétition de 1958 aboutit à la reconnaissance de l'hindouisme par le ministère des Affaires religieuses en 1958-1959, puis à la création du Parisada Hindu Dharma, l'organe qui représente les hindous d'Indonésie. Les chercheurs parlent d'une hindouisation : la religion balinaise s'est rapprochée de l'hindouisme indien pour obtenir ce statut.
L'Indonésie reconnaît aujourd'hui six religions : l'islam, le protestantisme, le catholicisme, l'hindouisme, le bouddhisme et le confucianisme. Chaque Indonésien porte sa religion sur sa carte d'identité (KTP). Depuis un arrêt de la Cour constitutionnelle de 2016, les adeptes de croyances locales hors de ces six religions peuvent y faire inscrire la mention « Kepercayaan » au lieu de laisser la case vide.
Hindouisme balinais : croyances, dieux et Barong
L'hindouisme balinais (Agama Hindu Dharma) n'est pas l'hindouisme indien. Il mêle le shivaïsme, des éléments bouddhistes, l'animisme local et le culte des ancêtres. On y vénère les dieux du panthéon hindou, mais aussi les esprits des volcans, des sources, des rizières et des arbres sacrés.
Sang Hyang Widhi Wasa et les trois dieux hindous
Les trois grands dieux hindous sont Brahma, le créateur, Vishnu, qui préserve le monde, et Shiva, qui le détruit pour permettre sa renaissance. À Bali, ils sont les visages d'un même dieu suprême, Sang Hyang Widhi Wasa. Cette trinité structure chaque village : le Pura Desa est associé à Brahma, le Pura Puseh à Vishnu et le Pura Dalem, temple des morts, à Shiva. Ces trois temples forment les Kahyangan Tiga.
Tri Hita Karana et Rwa Bhineda, les deux principes de la vie balinaise
Le Tri Hita Karana, les « trois causes du bien-être », demande l'harmonie avec les dieux, entre les humains et avec la nature. Il règle l'architecture des maisons, l'organisation des villages et la gestion de l'eau dans les rizières (le système subak). Le Rwa Bhineda pose la dualité du monde : le bien et le mal, le visible et l'invisible coexistent, et l'on cherche l'équilibre plutôt que la victoire de l'un sur l'autre. C'est pourquoi les offrandes vont aussi bien aux dieux, posées en hauteur, qu'aux démons, posées au sol.
Le Barong et Rangda, le bien et le mal en spectacle
Le Barong, sorte de lion protecteur animé par deux danseurs, incarne les forces du bien. Il affronte Rangda, la reine des sorcières. Le combat ne se termine jamais par une victoire nette, fidèle au Rwa Bhineda. Le masque du Barong est un objet sacré, gardé au temple et purifié avant chaque sortie. Les représentations pour les visiteurs, à Batubulan ou à Ubud, en donnent une version abrégée.

La société balinaise garde un système de castes hérité de Java (brahmana, satria, wesia et sudra), beaucoup plus souple qu'en Inde. La grande majorité des Balinais sont sudra. La caste se lit surtout dans les noms et dans le niveau de langue employé, un sujet que nous détaillons dans notre page sur les langues parlées à Bali.
Islam, christianisme et bouddhisme : les autres religions de Bali
Environ 13 % des habitants de Bali ne sont pas hindous. Ces minorités sont anciennes pour certaines, récentes pour d'autres, et vivent le plus souvent dans des quartiers ou des villages à part.
Les musulmans de Bali
Avec 445 000 fidèles, l'islam est la deuxième religion de l'île. Une partie des musulmans descend de communautés installées depuis des siècles, comme le village de Pegayaman, dans le Buleleng, ou les quartiers bugis des ports. Les autres sont arrivés de Java et de Lombok pour travailler, surtout à Denpasar et dans le sud touristique. Mosquées et restaurants halal se trouvent sans difficulté dans ces zones.
Chrétiens et bouddhistes
Les chrétiens sont un peu plus de 110 000. Dans l'ouest de l'île, à Jembrana, deux villages chrétiens se visitent : Blimbingsari, protestant, et Palasari, catholique, dont les églises reprennent l'architecture des temples balinais.
Le bouddhisme compte 29 683 fidèles, surtout dans le nord, autour de Singaraja, où vit une communauté sino-indonésienne. Le Brahmavihara-Arama, plus grand monastère bouddhiste de l'île, se trouve à Banjar, à 11 km de Lovina. Fondé à la fin des années 1960 par le moine Bhante Giri, il abrite des salles de méditation et une petite réplique du Borobudur. Le lien avec l'hindouisme est ancien : Bali garde deux lignées de grands prêtres, les pedanda Siwa et les pedanda Buddha, qui officient ensemble lors de certaines cérémonies.
Puja Mandala et ngejot : comment les religions cohabitent à Bali
À Nusa Dua, le complexe de Puja Mandala aligne côte à côte une mosquée, une église catholique, un vihara bouddhiste, une église protestante et un temple hindou. Au quotidien, la cohabitation passe par le ngejot : à Galungan, les familles hindoues portent des plats à leurs voisins musulmans, et l'inverse se fait pour l'Aïd. Il y a des tensions, autour de l'arrivée de travailleurs venus d'autres îles ou de la construction de lieux de culte, mais la cohabitation reste plutôt apaisée.
Offrandes à Bali : canang sari et banten
Les canang sari sont de petits paniers en feuille de cocotier garnis de fleurs, de riz et d'encens. Chaque matin, on les dépose devant les maisons, les boutiques, les autels familiaux, les carrefours et jusque sur les tableaux de bord des voitures. Les femmes y consacrent une partie de leur journée. Pour les grandes cérémonies, on prépare des banten, des compositions bien plus élaborées : pyramides de fruits, de gâteaux de riz et de fleurs portées sur la tête jusqu'au temple.

Composition d'une canang sari
- Base : panier tressé en feuille de cocotier (ceper).
- Fleurs blanches (est) : Iswara.
- Fleurs rouges (sud) : Brahma.
- Fleurs jaunes (ouest) : Mahadeva.
- Fleurs bleues ou vertes (nord) : Vishnu.
- Encens (dupa) : porte la prière.
- Riz, biscuits, bonbons : offrande de nourriture.
Les gestes à connaître
- Ne marchez pas sur une offrande : enjambez-la ou contournez-la.
- Ne la déplacez pas, même si elle gêne le passage.
- Laissez faire votre personnel de maison qui en dépose devant votre villa.
- Les chiens qui les mangent ne choquent personne : c'est le geste d'offrir qui compte.
Fêtes religieuses à Bali : le calendrier 2026-2027
Deux calendriers rythment l'année : le pawukon, un cycle de 210 jours qui fixe Galungan, Kuningan, Saraswati et les anniversaires de temples, et le calendrier lunaire Saka, qui fixe Nyepi. Les dates changent donc chaque année dans notre calendrier.
| Fête | Date | Ce qui change pour vous |
|---|---|---|
| Galungan | Mer. 13 janvier 2027 | Penjor dans les rues, commerces fermés, familles au village |
| Kuningan | Sam. 23 janvier 2027 | Fin de la période de Galungan, cérémonies au temple |
| Nyepi (Nouvel An Saka 1949) | Lun. 8 mars 2027 | Île à l'arrêt 24 h, aéroport fermé, sorties interdites |
| Galungan | Mer. 11 août 2027 | Idem janvier |
| Kuningan | Sam. 21 août 2027 | Idem janvier |
Nyepi 2027 est fixé par le décret interministériel des jours fériés publié en septembre 2026. Les dates de Galungan et Kuningan 2027 découlent du cycle de 210 jours : à confirmer avec la circulaire du ministère des Affaires religieuses, publiée en fin d'année. Il n'y a pas de Galungan fin 2026 : le dernier a eu lieu le 17 juin 2026.
Nyepi, le Jour du Silence
Nyepi ouvre l'année Saka. Pendant 24 heures, de 6 h du matin au lendemain 6 h, l'île entière s'arrête selon quatre interdits, les Catur Brata Penyepian :
- Amati Geni : ni feu ni lumière.
- Amati Karya : pas de travail.
- Amati Lelungan : pas de déplacement, touristes compris.
- Amati Lelanguan : pas de divertissement.
L'aéroport Ngurah Rai ferme, les routes sont vides et les pecalang, la police coutumière, patrouillent. Les jours précédents, les cortèges du Melasti portent les objets sacrés des temples jusqu'à la mer pour les purifier. La veille au soir, les villages promènent les ogoh-ogoh, des statues géantes de démons, avant de les brûler. Le lendemain, à Sesetan (Denpasar), les jeunes célibataires s'embrassent sous des seaux d'eau lors de l'Omed-Omedan.

Nyepi 2027 et l'Aïd : en 2027, Nyepi (lundi 8 mars) est suivi de l'Aïd el-Fitr les 10 et 11 mars, avec des jours de congé collectifs entre les deux. Attendez-vous à des vols chers et complets autour de ces dates. Règles, horaires et conseils pratiques dans notre guide complet de Nyepi.
Galungan et Kuningan
Galungan célèbre la victoire du dharma (le bien) sur l'adharma (le mal). Les esprits des ancêtres sont censés revenir dans les maisons, puis repartir dix jours plus tard, à Kuningan. Les rues se couvrent de penjor, de grands bambous courbés décorés de feuilles de palme. Galungan tombe toujours un mercredi et Kuningan un samedi. Beaucoup de Balinais rentrent dans leur village d'origine et de nombreux commerces ferment.

Odalan, Saraswati, pleine lune et crémation
- Odalan : chaque temple fête son anniversaire tous les 210 jours. Avec plusieurs milliers de temples, il y a presque chaque jour une cérémonie quelque part, avec procession et gamelan.
- Saraswati et Pagerwesi : Saraswati honore la déesse du savoir : livres et ordinateurs reçoivent des offrandes. Le lendemain (Banyu Pinaruh), on se purifie à la mer ou aux sources. Pagerwesi, la fête de la protection spirituelle, suit quelques jours plus tard.
- Purnama et Tilem : la pleine lune et la nouvelle lune donnent lieu chaque mois à des prières dans les temples.
- Ngaben : la crémation libère l'âme du défunt. Les corps sont portés dans des tours et des sarcophages en forme d'animaux. Faute de moyens, des familles attendent parfois des années et organisent des crémations collectives. Y être invité est un honneur.
Temples de Bali : combien, lesquels et quelles règles respecter
On surnomme Bali « l'île aux mille temples », mais aucun recensement officiel ne donne leur nombre. Un minimum se calcule : l'île compte 1 493 villages coutumiers (desa adat), et chacun a ses trois temples de village, les Kahyangan Tiga. Cela fait déjà plus de 4 000 temples, sans compter les grands sanctuaires, les temples des rizières et l'autel de chaque maison. Les plus visités, de Tanah Lot à Besakih, le temple-mère, sont présentés dans notre guide des temples de Bali.
Tenue et règles dans un temple balinais
- Sarong et ceinture (selendang) obligatoires, épaules couvertes. La plupart des temples touristiques en prêtent ou en louent à l'entrée.
- Chaussures retirées dans les cours intérieures et les pavillons.
- Ne vous placez pas plus haut que le prêtre ni que les fidèles en prière, et ne montez jamais sur un autel ou un mur.
- Pas de pieds pointés vers un autel : ils sont considérés comme impurs.
- Ne touchez pas la tête d'un Balinais, enfant compris : c'est la partie la plus sacrée du corps.
- Demandez avant de photographier une cérémonie, et jamais pendant la prière.
- Femmes en période de règles : par tradition, elles n'entrent pas dans les temples. Les panneaux à l'entrée le rappellent.
- Si l'on vous offre de l'eau bénite (tirta) : recueillez-la dans la main droite, buvez-en trois fois, puis aspergez-vous la tête. Imitez vos voisins.
Le rituel le plus accessible aux non-hindous est le melukat, une purification sous les fontaines d'un temple d'eau. Le plus connu se fait à Tirta Empul, près d'Ubud, où l'on passe d'un bec à l'autre en suivant un ordre précis. Mieux vaut y aller avec un guide qui explique les gestes.

Tirta Empul : visite du temple et purification guidée
- Visite guidée du temple, purification dans les bassins en option
- Le guide explique l'ordre des fontaines et le sens du melukat
- Pratique pour une première purification sans faux pas
4,9(1 443 avis)
dès 17 € / pers.
Voir prix & disposVivre avec la religion balinaise au quotidien
Pour un expatrié, la religion n'est pas un sujet de visite : elle organise le voisinage, le calendrier de travail et parfois le bail.
- Le desa adat et le banjar : chaque village coutumier est divisé en banjar, des communautés de quartier qui gèrent les temples, les cérémonies et la sécurité. Votre propriétaire en est membre et y cotise. Vous n'y êtes pas obligé, mais une participation lors des grandes cérémonies est très bien reçue.
- Les jours favorables : le calendrier balinais désigne les bons jours pour se marier, construire, emménager ou ouvrir un commerce. Votre propriétaire peut choisir la date de votre emménagement en fonction.
- Gamelan et cérémonies nocturnes : près d'un temple, la musique peut durer tard. Ne vous plaignez jamais du bruit d'une cérémonie, prévoyez plutôt des bouchons d'oreilles.
- Processions sur la route : elles ferment les routes sans préavis. Coupez le moteur et attendez, c'est l'affaire de quelques minutes.
- Le personnel en congé : à Galungan, à Nyepi et pour les cérémonies familiales, votre personnel de maison ou vos collègues balinais s'absentent. Anticipez.
Si un voisin ou votre personnel de maison vous invite à une cérémonie, acceptez. Portez le sarong, goûtez la cuisine cérémonielle (babi guling, lawar, voir notre page sur la cuisine balinaise) et posez des questions. Les Balinais sont très généreux avec ceux qui s'intéressent sincèrement à leur religion.

