Goa Gajah, la « grotte de l'éléphant », est l'un des sites les plus faciles à voir depuis Ubud : dix minutes de route, une entrée à trois euros, une visite bouclée en trois quarts d'heure. On vient pour une image forte, la bouche de démon sculptée dans la roche qui sert d'entrée à une grotte du 11e siècle, et pour les bassins de purification exhumés juste devant. La question qu'on se pose avant d'y aller, c'est ce qu'on y voit vraiment, combien ça coûte et si ça vaut l'arrêt. On répond tout de suite.
| Entrée | 50 000 IDR (~3 €), ouvert de 8 h à 18 h |
|---|---|
| Durée | ≈ 45 min, courte visite, à combiner |
| Accès | ≈ 10 min à l'est d'Ubud, à Bedulu, sur la route de Tirta Empul |
| Tenue | Sarong obligatoire, prêté à l'entrée et inclus |
Sommaire
Le parcours de visite, ce que vous allez voir
Le site tient sur un mouchoir de poche, mais il se lit dans un ordre précis : on descend d'abord vers les bassins de purification, on entre dans la grotte par la bouche de démon, puis on s'attarde dans le jardin de banians avant de filer vers les vestiges bouddhistes en contrebas. Suivez les quatre arrêts ci-dessous pour ne rien manquer en trois quarts d'heure.

1. Les bassins de purification, exhumés en 1954
Le parcours démarre par une volée de marches qui descend vers une cour ouverte. Au fond, les bassins de purification (petirtaan) et leur rangée de statues-fontaines, restés enfouis jusqu'aux années 1950. Six statues de nymphes tiennent chacune un jet qui alimente deux bassins de pierre, l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes.
L'ensemble a été dégagé en 1954, il était enseveli sous la terre et les concurrents ne le mentionnent presque jamais, alors que c'est la plus belle partie du site. C'est le premier point photo, avec la grotte en arrière-plan. Prenez le temps ici, la suite se visite vite.
2. La bouche de démon et la grotte en T
La façade de la grotte est une immense face grimaçante taillée dans la roche, dont la bouche grande ouverte sert d'entrée. La figure sculptée est souvent décrite comme un démon ou un ogre (Bhoma) : ce sont ses mains qui semblent écarter la roche de part et d'autre de l'ouverture. On pénètre dans un couloir sombre en forme de T, creusé au 11e siècle.
À l'intérieur, ce couloir abrite d'un côté une statue de Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, de l'autre trois lingams de Shiva réunis sous un même socle. Les niches creusées dans la paroi servaient d'abris de méditation aux ermites. L'espace est exigu et humide, quelques minutes suffisent.
3. Les jardins, les banians et les statues moussues
Autour de la grotte s'étend un jardin ombragé de grands banians et de figuiers, semé de statues rongées par la mousse. C'est la partie la plus reposante de la visite. De vieux banians aux racines aériennes encadrent la cour, c'est le décor de jungle que l'on retrouve sur la plupart des photos du site.
Des fragments de statues et d'autels, souvent couverts de mousse, sont disposés dans la végétation, vestiges des différentes époques du sanctuaire. Un petit temple encore en activité borde le jardin : on croise des fidèles venus déposer des offrandes, gardez une tenue et une attitude respectueuses.
4. Les vestiges bouddhistes au bord de la rivière
Un sentier descend derrière le jardin, à travers les rizières et la forêt, jusqu'à un ruisseau. Peu de visiteurs le prennent, c'est le coin le plus calme et le plus vert du site. En bas coulent les eaux de la Petanu, la rivière qui a peut-être donné son nom au lieu (« rivière de l'éléphant »).
On y trouve des fragments de reliefs et d'un ancien stupa bouddhiste : Goa Gajah mêle en effet hindouisme shivaïte et bouddhisme, rare à Bali. La descente et la remontée prennent une dizaine de minutes. À sauter si vous êtes pressé, mais c'est ce qui donne au site son ambiance de jungle.
Pourquoi « grotte de l'éléphant » ?
Le nom intrigue, car il n'y a pas d'éléphant à Bali. Deux explications tiennent la corde : la statue de Ganesh, le dieu à tête d'éléphant, cachée dans la grotte, et l'ancien nom de la rivière voisine, la Petanu, jadis appelée « rivière de l'éléphant ». La face sculptée à l'entrée, elle, n'a rien d'un éléphant : c'est une figure de démon.
Prix d'entrée, horaires et tenue en 2026
L'entrée reste l'une des moins chères de l'île, sarong compris. Le temple est ouvert tous les jours, de 8 h à 18 h environ, et le mieux reste d'arriver tôt : à l'ouverture, les bassins sont vides et la lumière traverse la jungle. Voici les tarifs constatés début 2026, en espèces de préférence.
| Poste | Tarif 2026 |
|---|---|
| Entrée adulte étranger | 50 000 IDR (~3 €) |
| Entrée enfant (5-12 ans) | 25 000 IDR (~1,50 €) |
| Enfant de moins de 5 ans | Gratuit |
| Sarong et écharpe | Prêtés / inclus dans le billet |
| Parking scooter / voiture | 2 000 à 5 000 IDR |
| Guide local (facultatif) | Pourboire 50 000 à 100 000 IDR |
La tenue et deux réflexes à avoir
- Le sarong est prêté à l'entrée et compris dans le billet. Épaules couvertes, jambes couvertes, comme dans tous les temples de l'île.
- Les vendeurs à la sortie peuvent être insistants dans l'allée qui ramène au parking. Un « non merci » ferme suffit, rien d'agressif.
- Prévoyez des espèces en petites coupures. La billetterie n'accepte pas toujours la carte, et le parking se règle en liquide.
Le comparatif des prix de tous les sanctuaires de l'île est sur notre page temples de Bali, avec la tenue et les circuits pour les enchaîner.
Combien de temps, faut-il un guide, et est-ce que ça vaut le détour
Trois questions qu'on se pose toujours avant Goa Gajah. Les réponses courtes, sans détour.
45 minutes, montre en main
La durée. Une courte visite, une heure si vous descendez jusqu'à la rivière. Pas un temple monumental comme Besakih, mais une curiosité dense où l'on passe d'une bouche de démon à des bassins millénaires en quelques pas.
Un guide, facultatif
Pas nécessaire. Avec le parcours ci-dessus, vous savez déjà quoi regarder et dans quel ordre. Des guides locaux proposent leurs services à l'entrée pour un pourboire, utile si l'histoire du site vous passionne, dispensable sinon.
Oui, si vous êtes dans le coin
Ça vaut le détour. Et vous le serez presque forcément : le site est sur la route qui remonte vers Tirta Empul et Tegalalang. En halte de trois quarts d'heure au fil d'une journée autour d'Ubud, parfait. Comme destination isolée d'une heure de route, beaucoup moins.
Aller à Goa Gajah depuis Ubud et le combiner
Le site est à Bedulu, à une dizaine de minutes à l'est du centre d'Ubud. En scooter, c'est l'affaire d'un quart d'heure et le parking est juste devant l'entrée. Sinon, un Grab, un Gojek ou un chauffeur à la journée vous y dépose sans difficulté.
Son intérêt, comme Tirta Empul, c'est qu'il se combine. Sur le même axe vers le nord, on enchaîne le temple de la purification, les rizières en terrasses de Tegalalang et les tombeaux royaux de Gunung Kawi. Goa Gajah fait alors la première halte du matin, avant que les cars n'arrivent. Nos itinéraires à Bali le calent au bon endroit de la journée.

Location de scooter, permis, applis Grab et Gojek : tout est dans notre guide se déplacer à Bali.
Goa Gajah en excursion, avec Tirta Empul et Tegalalang
- Prise en charge à Ubud et chauffeur pour la journée. Goa Gajah devient une halte parmi les temples et rizières, sans gérer la logistique.
- Les circuits classiques combinent Goa Gajah avec Tirta Empul, Tegalalang, Gunung Kawi ou une balançoire dans la jungle.
- Annulation gratuite jusqu'à 24 h avant sur la plupart des offres.
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À voir autour de Goa Gajah
Goa Gajah se visite rarement seul. Voici ce qu'il y a juste à côté, du site confidentiel que presque personne n'enchaîne aux grands classiques du centre de l'île.

À 25 min au nord
Tirta Empul
Le temple de la purification, où l'on entre dans les bassins sacrés pour le rituel melukat. Le prolongement naturel de Goa Gajah sur la même route.
- Durée : 1 h à 1 h 30
- Adresse : Pura Tirta Empul, Tampaksiring, Bali

À 30 min au nord d'Ubud
Tegalalang
Les rizières en terrasses les plus célèbres de Bali, sculptées par le système d'irrigation subak. Balançoires au-dessus de la vallée et cafés à flanc de colline complètent l'arrêt.
- Durée : 1 h à 2 h
- Adresse : Tegallalang Rice Terrace, Tegallalang, Bali

Au cœur d'Ubud, à 10 min
La forêt des singes
Le sanctuaire de la Sacred Monkey Forest, ses macaques et ses temples moussus dans une jungle en plein centre d'Ubud. Tenez bien lunettes et téléphone, les singes sont chapardeurs.
- Durée : 45 min à 1 h
- Adresse : Sacred Monkey Forest Sanctuary, Ubud, Bali
Yeh Pulu
Le combo secret. À une dizaine de minutes à pied. Une frise de reliefs taillés dans la falaise sur 25 mètres, des scènes de vie et de chasse gravées au 14e siècle. On y accède par un sentier dans les rizières et on s'y retrouve souvent seul. Quelques milliers de roupies de donation, et le contraste total avec la foule de Goa Gajah.
Gunung Kawi
À 30 min, près de Tirta Empul. Dix tombeaux royaux du 11e siècle taillés à même la falaise, au fond d'une vallée de rizières que l'on rejoint par 300 marches. L'un des sites les plus spectaculaires et les plus calmes du secteur.
Le bon plan : enchaîner Goa Gajah, Yeh Pulu, Tirta Empul et Gunung Kawi sur une même matinée, dans cet ordre en remontant vers le nord. Nos itinéraires à Bali calent cette boucle au bon moment du séjour.
Où loger pour visiter Goa Gajah
Le site n'a aucun hébergement à ses pieds : on loge à Ubud et on vient à Goa Gajah en excursion, de préférence à l'ouverture.
Ubud, la base évidente
À dix minutes du site, Ubud sert de base à toute la région et concentre rizières, cascades, marché et cœur culturel de l'île. Goa Gajah, Tirta Empul et Tegalalang sont tous à portée de matinée.
Autour de Bedulu, au vert
Pour un séjour plus au calme, les villages autour de Bedulu et de la vallée alignent des guesthouses au milieu des rizières, souvent pour un très bon rapport qualité-prix et loin de l'agitation du sud.
Comparer les hébergements autour d'Ubud
Histoire et légende de Goa Gajah
La grotte a été creusée autour du 11e siècle, à l'époque où le royaume de Bali rayonnait sur la région. Elle apparaît sous le nom de Lwa Gajah dans un vieux manuscrit javanais, ce qui la rattache à la rivière voisine plutôt qu'à un animal.
Sa singularité, c'est le mélange des cultes. Dans la grotte, on prie Shiva et Ganesh. En contrebas, près du ruisseau, des fragments de stupa bouddhiste rappellent qu'hindouisme et bouddhisme ont cohabité ici, chose rare à Bali.
Le site est resté longtemps oublié. La grotte est redécouverte en 1923 par un fonctionnaire hollandais, mais les bassins de purification, eux, dormaient sous la terre : ils ne sont dégagés qu'en 1954, révélant les statues-fontaines que l'on voit aujourd'hui.
Depuis, Goa Gajah figure sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est toujours un temple en activité : entre deux groupes de visiteurs, des Balinais viennent y déposer leurs offrandes, comme ils le font partout sur l'île.
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