Bali compte six volcans, mais deux seulement occupent les conversations : le Gunung Batur, 1 717 m, que l'on grimpe de nuit pour voir le soleil sortir de la mer de nuages, et le Gunung Agung, environ 3 000 m, sommet sacré de l'île et ascension de sportif. Les quatre autres, Batukaru, Abang, Catur et Merbuk, dorment depuis longtemps et n'entrent dans un itinéraire à Bali que si vous cherchez précisément le calme. Voici lequel choisir, combien ça coûte et ce qu'il faut vérifier avant de partir.
Deux volcans encore actifs
L'Agung et le Batur. Les quatre autres sommets de l'île sont endormis ou éteints depuis des millénaires.
Un seul se grimpe sans préparation
Le Batur, en deux heures de montée. L'Agung demande une vraie condition physique et une nuit blanche complète.
Jamais seul
Le guide local est imposé sur les deux volcans actifs. Ce n'est pas négociable et les contrôles existent.
De mai à septembre
La saison sèche donne les sommets dégagés. En janvier, vous montez trois heures pour voir du gris.
Sommaire
Les 6 volcans de Bali
L'île entière repose sur un alignement volcanique orienté est-ouest, dans la ceinture de feu du Pacifique. C'est cette géologie qui donne aux rizières leur sol noir et fertile, et aux plages du nord et de l'est leur sable sombre. Filtrez selon ce que vous cherchez, puis dépliez la fiche.
| Volcan | Altitude | Statut | Accès |
|---|---|---|---|
| Gunung Agung | ≈ 3 000 m | Actif | Grimpable, très difficile |
| Gunung Batur | 1 717 m | Actif | Grimpable, accessible |
| Gunung Batukaru | 2 276 m | Endormi | Grimpable, difficile |
| Gunung Abang | 2 152 m | Éteint | Grimpable, modérée |
| Gunung Catur (Bratan) | 2 096 m | Éteint | Se contemple, en voiture |
| Gunung Merbuk | ≈ 1 386 m | Éteint | Se contemple, confidentiel |
Gunung Agung et Gunung Batur, les deux volcans actifs
Le Gunung Batur, 1 717 m, se grimpe en deux heures sur un sentier de sable sans passage technique. Le Gunung Agung, environ 3 000 m, est le point culminant et le volcan sacré de l'île, une ascension de sportif réservée à une bonne condition physique. Le détail de chaque montée est plus bas dans ce guide, avec les guides complets du mont Batur et du mont Agung.
Gunung Batukaru, le sommet oublié dans la forêt
Deuxième sommet de l'île, le Batukaru dort depuis longtemps sous une forêt primaire humide, dans l'ouest, en régence de Tabanan. Pas de lever de soleil panoramique ici : le sentier grimpe pendant huit à dix heures aller-retour sous une canopée dense, souvent dans la boue, et le sommet reste le plus souvent bouché. On y va pour la forêt et le silence, pas pour la vue. Son temple, le Pura Luhur Batukaru, se visite lui sans effort.
Gunung Abang, le rempart discret de la caldeira
Sur le bord est de la caldeira du Batur, l'Abang, 2 152 m, est un morceau de l'ancien édifice qui a explosé pour former la caldeira. Le sentier part du village de Suter, traverse une forêt et de petits temples, et débouche en trois à quatre heures aller-retour sur une vue plongeante sur le lac Batur. C'est l'alternative de ceux qui veulent le même paysage que le Batur sans le convoi de lampes frontales.
Gunung Catur, le volcan devenu lacs
Le Catur, 2 096 m, a laissé une caldeira aujourd'hui noyée, occupée par les lacs de Bedugul, Bratan, Buyan et Tamblingan, la brume permanente et le temple Ulun Danu Beratan posé sur l'eau. On ne vient pas ici pour le sommet, éteint depuis longtemps, mais pour ce que l'effondrement a laissé. Comptez trois à quatre heures aller-retour pour qui veut tout de même en faire le tour, mais la zone se visite surtout en voiture, fraîche et verte, sans mettre une chaussure de rando.
Gunung Merbuk, le volcan que personne ne cite
Dans l'extrême ouest de Bali, en Jembrana, le Merbuk culmine à environ 1 386 m sans aucune infrastructure touristique ni trek organisé. Les quelques pistes servent surtout aux planteurs de girofle et de cacao. On le mentionne pour être complet : dans la pratique, il n'entre dans aucun itinéraire de voyage à Bali.
Batur ou Agung : lequel choisir ?
Presque tous les voyageurs se posent la question au moment de réserver, et la réponse ne tient pas au paysage : elle tient à votre condition physique et au temps que vous acceptez d'y laisser. Cochez ce qui vous concerne, le verdict se recalcule.
| Critère | Avantage |
|---|---|
| Marcher peu, sans entraînement | Batur |
| Le lever de soleil au-dessus des nuages | Match nul |
| Éviter la foule | Agung |
| Y aller en famille | Batur |
| Dépenser le moins possible | Batur |
| Ne pas perdre sa journée | Batur |
| Comprendre le Bali sacré | Agung |
| Ramener de belles photos | Batur |
Effort, budget et temps perdu
Le Batur se monte en deux heures régulières sur du sable volcanique, à la portée de milliers de gens sans entraînement, en baskets. L'Agung demande six à dix heures avec des passages de rocher à quatre pattes dans le noir, où une mauvaise condition physique se paie très cher à mi-parcours. Côté budget, une excursion Batur avec transfert depuis Ubud reste dans le prix d'une sortie à la journée classique, alors que le guide privé quasi imposé et le transfert nocturne font facilement doubler la facture sur l'Agung. Le Batur libère aussi la journée : retour à Ubud vers 10 h ou 11 h, avec une bonne sieste possible l'après-midi. Sur l'Agung, le départ se fait vers 22 h ou minuit, le retour en milieu de journée, et la journée suivante est cuite. Mieux vaut prévoir deux jours dans son planning.
Foule et sorties en famille
Plusieurs centaines de personnes se croisent sur la crête du Batur certains matins de haute saison, le sentier ressemblant à une procession de frontales. Sur l'Agung, la difficulté fait le tri toute seule : on y croise quelques cordées, parfois personne. Le Batur reste faisable en famille à partir de 8-10 ans si l'enfant marche bien, à condition d'accepter le réveil à 2 h du matin. L'Agung, lui, est hors de question avec des mineurs, et les agences sérieuses les refusent.
Spiritualité et photographies
L'Agung est le pivot de la cosmologie balinaise : toutes les maisons de l'île sont orientées par rapport à lui, et le temple de Besakih est accroché à ses pentes. Le lac Batur alimente lui aussi les rizières de la moitié de l'île et son temple compte, mais la dimension sacrée s'efface derrière le tourisme. Pour les photos, le Batur l'emporte : le cône, le lac, les coulées de lave noire et la mer de nuages tiennent dans le même cadre. La vue depuis l'Agung est immense mais plus abstraite, et les meilleures photos du sommet sacré se prennent en réalité d'en bas.
Le lever de soleil, un match nul
Sur le Batur, le soleil sort derrière l'Agung et, par temps clair, derrière le Rinjani de Lombok, avec la mer de nuages qui tombe dans la caldeira. Depuis l'Agung, vous êtes au point le plus haut de l'île, avec l'ombre du volcan projetée sur la mer de nuages : le spectacle change de registre sans être meilleur ou moins bon.
Dans le doute, commencez par le Batur : c'est le meilleur test. Si la montée vous a paru facile et que la nuit blanche est passée, l'Agung devient jouable plus tard dans le séjour. L'inverse ne marche pas.
Le mont Batur, le volcan que tout le monde grimpe
Le Batur tient dans une caldeira de treize kilomètres de large, creusée par des effondrements successifs il y a des dizaines de milliers d'années. Au fond, un lac en croissant, un cône toujours actif et de longues coulées de lave noire figées, souvenirs des éruptions du XXe siècle qui ont détruit puis déplacé le village de Batur.
C'est le seul volcan de l'île accessible sans entraînement : environ deux heures de montée de nuit, aucun passage technique, et un départ vers 2 h du matin depuis Ubud. Horaires, difficulté réelle, tarifs du guide obligatoire et formules à réserver sont détaillés dans notre guide de l'ascension du mont Batur au lever du soleil.


Le trek du Batur au départ de votre hôtel
- Ramassage à Ubud vers 2 h du matin, retour en fin de matinée
- Guide local agréé, frontale fournie, petit-déjeuner au sommet
- Option jeep pour ceux qui ne veulent pas marcher
4,8(11 607 avis)
dès 21 € / pers.
Voir prix & dispos


Toutes les activités autour du mont Batur
Le mont Agung, le sommet sacré
L'Agung est le point culminant de Bali, et l'axe autour duquel l'île entière s'organise. Les temples lui font face, les maisons traditionnelles s'orientent par rapport à lui, et les Balinais désignent les directions par kaja, vers la montagne, et kelod, vers la mer. Le temple de Besakih, le plus sacré de l'île, est accroché à ses pentes.
Les cartes anciennes lui donnent 3 142 m. L'éruption de 1963, qui a fait plus d'un millier de morts, a raboté le sommet et les relevés récents tournent autour de 3 000 m. Le volcan s'est réveillé de nouveau fin 2017, provoquant des évacuations massives et plusieurs fermetures de l'aéroport de Denpasar, avant de se calmer.
Deux itinéraires principaux mènent en haut. Celui du temple Pasar Agung, côté Selat, atteint le bord du cratère en trois à quatre heures de montée. Celui de Besakih monte au vrai sommet en six à sept heures, avec des passages de rocher. Dans les deux cas, départ en pleine nuit et guide obligatoire.
Guide complet sur notre page ascension du mont Agung.


Sécurité : ce qui se vérifie avant de partir
L'Indonésie surveille ses volcans en continu et publie un niveau d'alerte à quatre échelons, de Normal à Awas. Le service géologique met ces bulletins à jour en ligne, volcan par volcan. Quand un sommet passe au-dessus du premier niveau, un périmètre d'exclusion est tracé autour du cratère et les treks sont suspendus. C'est la seule information qui compte, et elle change plus vite qu'un article de blog : les agences sérieuses annulent d'elles-mêmes.
Deuxième règle, moins connue des voyageurs : on ne grimpe pas seul. Le guide local est imposé sur le Batur comme sur l'Agung, par des associations qui contrôlent les accès aux sentiers. Des randonneurs partis en solo ont été verbalisés, et des voyageurs ont été expulsés du pays pour avoir escaladé des sommets considérés comme sacrés en s'y comportant mal. Ce ne sont pas des montagnes comme les autres.
Troisième point, celui qu'on découvre trop tard : la plupart des contrats d'assurance de base excluent la randonnée en altitude ou l'approche d'un volcan actif. Vérifiez la clause avant de réserver, notre comparatif assurance voyage pour Bali détaille ce que couvrent réellement les formules.
| Niveau | Signification |
|---|---|
| Niveau I, Normal | Activité de fond. Les treks se déroulent normalement. |
| Niveau II, Waspada | Signes de réveil. Zone interdite autour du cratère, sommet souvent fermé. |
| Niveau III, Siaga | Éruption probable. Périmètre élargi, tous les treks sont suspendus. |
| Niveau IV, Awas | Éruption en cours ou imminente. Évacuations, trafic aérien parfois interrompu. |
Une éruption ne rend pas Bali dangereuse dans son ensemble : le sud de l'île continue de vivre normalement pendant qu'un périmètre de quelques kilomètres est évacué. Le vrai risque pour un voyageur reste le vol annulé à cause du nuage de cendres.
Prix des treks et choix de l'agence
Les tarifs varient surtout selon le point de départ et la taille du groupe. Voici les ordres de grandeur constatés en 2026, pour deux personnes, transfert inclus quand c'est précisé.
| Formule | Prix indicatif | Ce qui est inclus | Durée |
|---|---|---|---|
| Batur, trek au lever du soleil | 35 à 60 € par personne | Guide, frontale, transfert depuis Ubud, petit-déjeuner au sommet | 2 h 30 de marche, retour vers 10 h |
| Batur, guide seul sur place | 20 à 35 € par personne | Guide uniquement, vous gérez le transfert et l'hébergement à Kintamani | 2 h 30 de marche |
| Batur en jeep 4x4 | 40 à 70 € par personne | Jeep jusqu'aux points de vue, aucune marche significative | 3 h sur place |
| Agung, sentier de Pasar Agung | 60 à 110 € par personne | Guide privé, transfert nocturne, ravitaillement | 7 h à 9 h aller-retour |
| Agung, sommet par Besakih | 90 à 150 € par personne | Guide privé, transfert, souvent une nuit sur place avant | 10 h à 12 h aller-retour |
| Abang ou Batukaru | 40 à 80 € par personne | Guide local, transfert selon l'agence | 4 h à 10 h selon le sommet |
Ce qui coince avec les guides du Batur
- Le guide est imposé par une association locale qui contrôle les accès au sentier. Vous ne choisissez pas librement votre accompagnateur et les tarifs sont alignés entre eux.
- Négocier sur place à 3 h du matin est le pire moment pour discuter un prix. Réservez avant, avec un tarif écrit.
- Vérifiez le ratio guide/marcheurs : certaines formules à bas prix regroupent quinze personnes derrière un seul accompagnateur.
- Le petit-déjeuner au sommet est parfois facturé en supplément une fois là-haut. Demandez ce qui est inclus avant de payer.
- La même mécanique existe à Besakih avec le « guide obligatoire » : nous la détaillons dans notre guide du temple de Besakih.
Voir les volcans sans les grimper
C'est l'option que la moitié des voyageurs devrait choisir et que personne ne leur propose. Les plus beaux panoramas sur le Batur et l'Agung s'atteignent en voiture, sans ticket, sans guide et sans réveil à 2 h du matin.
Penelokan, Kintamani
Batur et son lac. Le belvédère historique, sur la route de crête. On se gare, on descend de voiture et le cône, la coulée de lave noire et le lac sont là, d'un seul tenant. Les restaurants buffet du bord de route servent surtout la vue.
Le village de Pinggan
Batur au lever du jour. Vingt minutes plus loin sur la crête, un village qui domine la mer de nuages. On y arrive vers 5 h 30 en scooter, sans guide, sans ticket et sans marcher. C'est le meilleur rapport effort-paysage de l'île.
Les rizières de Sidemen
Agung en toile de fond. Dans l'est, une vallée agricole où le volcan ferme l'horizon au-dessus des terrasses. Le matin avant que les nuages ne montent, c'est la carte postale de l'Agung.
Le temple de Besakih
Agung, à ses pieds. Le temple mère est accroché aux pentes du volcan à un millier de mètres. Vous ne verrez pas le sommet depuis l'intérieur du complexe, mais la montée y accède au paysage volcanique complet.
La plage d'Amed
Agung depuis la mer. Sable noir volcanique et cône qui se découpe derrière les jukung. En fin de journée, c'est la vue la plus reposante sur l'Agung, un verre à la main.
La route de Bedugul
Caldeira de Bratan. Les lacs Bratan, Buyan et Tamblingan occupent l'ancienne caldeira. On traverse en voiture, on s'arrête au temple sur l'eau, il fait quinze degrés de moins que sur la côte.
Les sources chaudes du lac Batur
Au pied du volcan, à Toya Bungkah, l'eau sort du sol à une quarantaine de degrés et alimente des bassins face au lac. C'est la fin de matinée logique après le trek, et une sortie qui se suffit à elle-même si vous ne montez pas : quelques euros l'entrée, des transats, et le cône du Batur en face. La plupart des excursions du lever de soleil proposent l'arrêt en option.
Pour enchaîner sur la journée, notre guide de Kintamani détaille le lac, Trunyan et les cafés avec vue. La région se combine bien avec les cascades du centre de l'île ou les rizières en terrasses au retour vers Ubud.

Quand y aller et comment s'y rendre
La bonne saison
De mai à septembre, la saison sèche dégage les sommets et les sentiers restent praticables. De décembre à février, la pluie transforme le sable volcanique en boue et les nuages bouchent la vue à l'heure du lever de soleil : beaucoup de treks partent quand même, pour rien. Juillet et août offrent les ciels les plus nets, avec un vent froid au sommet que l'on sous-estime toujours.
Le détail mois par mois est dans notre guide quand partir à Bali.
Y aller par ses propres moyens
Kintamani est à environ 1 h 30 d'Ubud, 2 h 30 du sud. En scooter, la route de crête est belle mais le retour de nuit après une nuit blanche est une mauvaise idée. Un chauffeur à la journée revient à 40-60 € pour tout le véhicule, ce qui devient intéressant à trois ou quatre, et il vous attend pendant que vous montez.
Location, applis, permis international : tout est détaillé dans notre guide se déplacer à Bali.
Ce qu'on emporte, et qu'on oublie systématiquement
- Une polaire ou un coupe-vent. Il fait 8 à 12 °C au sommet du Batur avant le lever du jour, et vous arrivez trempé de sueur.
- Des chaussures fermées à semelle crantée. Le sable volcanique glisse à la descente, les tongs sont une garantie de chute.
- De l'eau et un en-cas. Un litre et demi par personne minimum, davantage sur l'Agung.
- Des roupies en espèces. Entrées, parking et pourboire du guide ne se paient pas par carte à 3 h du matin.
- Une frontale personnelle. Celles que prêtent les agences sont souvent à bout de batterie.

Et les volcans des îles voisines ?
Deux sommets reviennent dans les conversations à Bali sans être balinais. Le Kawah Ijen, à Java, se visite de nuit pour ses flammes bleues et son lac d'acide turquoise : on part de l'ouest de Bali par le ferry de Gilimanuk, en excursion de deux jours, ou en trois jours avec le lever de soleil du Bromo : tout est détaillé dans notre guide Bromo et Ijen depuis Bali. Le Rinjani, à Lombok, culmine à 3 726 m et se grimpe en deux ou trois jours de bivouac. Ce sont de vraies expéditions, à ne pas glisser au milieu d'un séjour balnéaire.

Nos guides volcan par volcan
Chaque ascension a ses horaires, ses prix et ses pièges. Le détail est dans les guides dédiés.
Ascension
Le mont Agung
Départ à 2 h du matin, deux heures de montée, un lever de soleil derrière l'Agung : horaires, difficulté, tarifs du guide et treks à réserver.
Lire le guide →Ascension
Mont Agung
Gravir le mont Agung à Bali : les 3 sentiers et lequel mène vraiment au sommet, difficulté, prix 2026, histoire des éruptions et règles de sécurité.
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