Le café luwak (kopi luwak en indonésien) est fait de grains de café mangés puis rejetés par une civette. À Bali, on le goûte dans les plantations de la route de Tegallalang, au nord d'Ubud, pour environ 50 000 IDR la tasse. Le problème, c'est que dans ces plantations les civettes vivent presque toujours en cage.
| Ce que c'est | Un café dont les grains sont passés par le tube digestif de la civette palmiste |
|---|---|
| Où le goûter | Plantations « agrotourisme » entre Ubud, Tegallalang et Tampaksiring |
| Prix sur place | Environ 50 000 IDR la tasse, dégustation de 0 à 100 000 IDR |
| Le hic | 14 plantations sur 16 étudiées produisaient avec des civettes en cage |
| Notre conseil | Faire la dégustation, passer sur la tasse de luwak, acheter du café de Kintamani |
Sommaire
Café luwak : c'est quoi, et faut-il le goûter à Bali ?
Le luwak est la civette palmiste commune (Paradoxurus hermaphroditus), un petit mammifère nocturne qui vit dans les forêts et les plantations d'Indonésie. Elle mange les cerises de café les plus mûres. La pulpe est digérée, le grain ressort entier, après une légère fermentation dans son système digestif. C'est ce grain qu'on ramasse dans les excréments.

D'où vient le kopi luwak
L'histoire commence à Java et Sumatra au XIXe siècle. Sous le système des cultures imposé par les Néerlandais (1830-1870), les paysans indonésiens n'avaient pas le droit de cueillir le café pour eux. Ils ont ramassé les grains rejetés par les civettes, les ont lavés et torréfiés. Le café est vite devenu un luxe recherché par les colons, déjà cher à cause de sa rareté.
Comment est fait le café luwak
Une fois récupérés, les grains sont lavés plusieurs fois, séchés au soleil, débarrassés de leur parche puis torréfiés. Dans les plantations de Bali, on vous montre souvent la torréfaction à l'ancienne, dans une grande poêle posée sur un feu de bois, puis le broyage au pilon. Le café se boit ensuite à la balinaise, la poudre directement dans la tasse, sans filtre.
Quel goût a le café luwak ?
Il est réputé doux et peu amer, avec une texture ronde. La fermentation dans l'intestin de l'animal modifie les protéines du grain, ce qui réduirait l'amertume. Beaucoup de visiteurs le trouvent bon sans être bouleversant : la réputation tient davantage à la rareté qu'à la tasse.
Faut-il le goûter ? La visite d'une plantation vaut le coup pour la dégustation de cafés et de thés balinais, la torréfaction et le jardin d'épices. La tasse de luwak, elle, finance le plus souvent un élevage de civettes captives. Trois questions au guide suffisent à savoir où vous êtes.
Visites de plantations de café à Bali avec dégustation
On peut s'arrêter seul dans une plantation de la route de Tegallalang. Les visites organisées ont un autre intérêt : elles mènent dans des plantations plus calmes, ou relient le café au reste de la journée.
La plantation de Lokasari, près de Sidemen, fait visiter ses caféiers puis goûter son café, ses tisanes et son miel. Une visite courte, très bien notée par les voyageurs, loin des parkings à autocars de Tegallalang.
La journée guidée depuis Ubud enchaîne des rizières, une cascade et une plantation de café, avec un guide pour la journée.
L'excursion cascade, temple de l'eau et balançoire ajoute une plantation de café en fin de parcours, pour qui veut tout voir autour d'Ubud en une journée.

Lokasari : visite d'une plantation de café, dégustation de tisanes et de miel
- Plantation près de Sidemen
- Dégustation de café
- Tisanes et miel pur
4,9(46 avis)
dès 5 € / pers.
Voir prix & dispos
Ubud : rizières, cascade et plantation de café avec un guide
- Visite guidée
- Rizières en terrasses
- Plantation de café
4,8(19 avis)
dès 33 € / pers.
Voir prix & dispos
Ubud : cascade, temple de l'eau sacrée, balançoire et plantation de café
- Cascade
- Temple de l'eau
- Plantation de café
5,0(11 avis)
dès 20 € / pers.
Voir prix & disposPlantations de café luwak à visiter près d'Ubud et de Tegallalang
Les plantations « agrotourisme » se suivent sur la route qui monte d'Ubud vers les rizières de Tegallalang et Kintamani. Elles fonctionnent toutes de la même façon : un guide vous fait passer devant les caféiers, le cacao et les épices, puis vous installe face à la jungle pour la dégustation, et la visite se termine à la boutique.
| Plantation | Où | Dégustation | Tasse de luwak |
|---|---|---|---|
| Bali Pulina | Pujung, au nord de Tegallalang | Plateau de 8 à 12 cafés et thés : 65 000 IDR | 50 000 IDR la tasse |
| Alas Harum | Route de Tegallalang | Environ 100 000 IDR | Autour de 50 000 IDR |
| Cantik Agriculture | Environs d'Ubud | Dégustation standard offerte | Environ 50 000 IDR la tasse |
| Uma Pakel | Tegallalang | 14 cafés et thés à goûter | Prix non relevé |
| Segara Windhu | Tampaksiring | 14 échantillons | Prix non relevé |
| Hidden Garden | Baturiti, route de Bedugul | Thés offerts | Prix non relevé |
Bali Pulina, la plus connue de Tegallalang
À une vingtaine de minutes au nord d'Ubud (8 km), Bali Pulina doit sa réputation à ses terrasses face aux rizières en escalier. L'entrée est gratuite, le plateau de 8 à 12 cafés et thés coûte 65 000 IDR et la tasse de luwak 50 000 IDR. Des civettes y sont visibles en cage. Venez le matin, avant les groupes, et vérifiez les horaires sur place : les relevés récents ne concordent pas.
Alas Harum, café et balançoires
Sur la route principale de Tegallalang, Alas Harum mélange plantation, balançoires géantes et décors photo. La dégustation y est payante, autour de 100 000 IDR. C'est la plus commerciale du lot, à choisir si vous voulez combiner café et Bali Swing au même endroit.
Cantik Agriculture, Uma Pakel et Segara Windhu
Plus discrètes, ces plantations proposent une dégustation gratuite (Cantik Agriculture) ou très large, avec 14 cafés et thés à Uma Pakel et à Segara Windhu, du côté de Tampaksiring. Elles se glissent facilement dans une journée autour d'Ubud, entre deux temples.
Satria et Teba Sari, les arrêts des chauffeurs
Ces deux plantations reviennent souvent dans les circuits proposés par les chauffeurs. Les avis de visiteurs sont plus mitigés pour Teba Sari, où des civettes en cage ont été signalées. Nous n'avons pas trouvé de prix fiable pour 2026 : demandez le tarif de la tasse avant de vous asseoir.
Si votre chauffeur insiste pour s'arrêter dans « sa » plantation, c'est qu'il y touche une commission sur vos achats. Rien d'anormal à Bali, mais vous pouvez choisir l'adresse vous-même et refuser la boutique.
Prix du café luwak à Bali en 2026 : tasse, dégustation, paquet
Sur place, le café luwak est bien moins cher qu'en Europe. La tasse revient à environ 50 000 IDR, soit 2,50 €, dans la plupart des plantations autour d'Ubud. Le gros de la dépense est ailleurs : la boutique de fin de visite.
| Poste | Prix | Précision |
|---|---|---|
| Entrée d'une plantation de la route de Tegallalang | Gratuite le plus souvent | La plantation se rémunère sur la boutique |
| Plateau de dégustation (8 à 14 tasses) | 0 à 100 000 IDR (0 à ≈ 5 €) | Offert chez certains, 65 000 IDR à Bali Pulina |
| Tasse de kopi luwak | ≈ 50 000 IDR (≈ 2,50 €) | Bali Pulina, Cantik Agriculture, Alas Harum |
| Formule tout compris (dégustation, tasse de luwak, collation) | ≈ 250 000 IDR (≈ 12 €) | Relevée dans certaines plantations |
| Sachet de 100 g de kopi luwak | ≈ 400 000 IDR (≈ 20 €) | Prix boutique, provenance invérifiable |
| Café balinais dans un café d'Ubud | 16 000 à 51 000 IDR | Relevés de 2025 |
Acheter du café luwak en paquet : ce que vaut l'étiquette
Les boutiques des plantations vendent le kopi luwak en sachets, autour de 400 000 IDR les 100 g. En Europe, il se négocie entre 100 et 600 dollars la livre. Le prix ne dit rien de la provenance : un sachet marqué « wild » ou « sauvage » peut très bien venir d'un élevage, comme on le voit ci-dessous.
Café luwak et éthique : civettes sauvages ou en cage ?
Le kopi luwak sauvage existe : des cueilleurs ramassent les excréments de civettes libres dans les plantations et les forêts. Mais il est rare et saisonnier. Pour répondre à la demande des touristes, l'essentiel de la production de Bali vient de civettes capturées et enfermées, nourries de cerises de café.

Ce qu'a montré l'étude de 2016 sur les plantations de Bali
En 2016, World Animal Protection et l'unité de recherche sur la faune de l'université d'Oxford ont visité 16 plantations touristiques entre Gianyar et Bangli, publiées dans la revue Animal Welfare. Elles y ont compté 48 civettes capturées dans la nature, de une à six par site. 14 plantations sur 16 produisaient leur café avec des civettes en cage, et les deux autres gardaient des cages en simple attraction. Les chercheurs décrivent des cages petites, peu d'eau, des animaux isolés et un régime fait surtout de cerises de café.
Le label « wild » ne prouve rien
Aucune certification ne garantit qu'un kopi luwak vient de civettes sauvages. Rainforest Alliance et UTZ refusent de certifier ce café. En 2013, une enquête de la BBC a retrouvé en Europe du café issu de civettes en cage vendu comme sauvage. À notre connaissance, aucune loi indonésienne n'interdit ces élevages. Les associations de protection animale signalent aussi un risque de zoonoses lié à ces élevages.
Trois questions à poser dans une plantation
Avant de commander une tasse de luwak, posez ces trois questions au guide :
- Où sont les civettes ? Si on vous en montre dans une cage, la plantation a des animaux captifs, même si elle jure que le café vient de la forêt.
- Qui ramasse les grains, et où ? Une production sauvage s'explique simplement : des ramasseurs, des parcelles, une saison. Une réponse floue est un signal.
- Combien en produisez-vous ? Un stock illimité toute l'année est incompatible avec une récolte sauvage, forcément petite et saisonnière.
Les chercheurs d'Oxford conseillent, si vous tenez au luwak, de le prendre seulement dans une plantation qui ramasse en forêt et n'a aucune civette sur place. Sinon, la dégustation classique suffit à profiter de la visite.
Dégustation de café à Bali : comment se passe la visite
La visite dure 30 minutes à une heure. Un guide vous fait traverser le jardin : caféiers arabica et robusta, cacaoyers, vanille, citronnelle, gingembre. Vous passez devant le poste de torréfaction, puis vous vous asseyez sur une terrasse, souvent face aux rizières ou à la jungle.

Ce qu'il y a sur le plateau de dégustation
On vous sert 8 à 14 petites tasses : café balinais nature, cafés aromatisés (vanille, coco, ginseng), thés à la citronnelle ou au gingembre, cacao. Le kopi luwak n'en fait jamais partie : il est toujours vendu à part, à la tasse. Rien ne vous oblige à le commander.
Quand y aller et combien de temps prévoir
Le matin est le meilleur moment : la lumière est belle sur les rizières et les groupes arrivent surtout en fin de matinée. Une plantation se glisse facilement dans la journée des rizières de Tegallalang, sur la route de Kintamani.
Alternatives au café luwak à Bali : arabica de Kintamani et café local
Bali produit du très bon café sans civette. Le plus réputé pousse sur les pentes du volcan Batur, entre 900 et 1 400 m d'altitude.

L'arabica de Kintamani, premier café protégé d'Indonésie
Le café arabica de Kintamani a obtenu en décembre 2008 une indication géographique, la première accordée à un produit en Indonésie. Il est cultivé par des coopératives de paysans, souvent sous les orangers. C'est le café à rapporter : un paquet de Kintamani coûte une fraction du prix du luwak, et vous savez d'où il vient. On le goûte dans les cafés de la crête de Kintamani, face au volcan.
Robusta de Pupuan et kopi bali dans les warungs
Dans l'ouest de l'île, le robusta de Pupuan a lui aussi son indication géographique depuis 2017. Et partout à Bali, le kopi bali se boit pour quelques milliers de roupies dans les warungs, épais et sucré. Il fait partie des boissons à goûter avec la cuisine balinaise.
Visiter une plantation sans luwak
Dans le nord, autour de Munduk, les plantations de café, de girofle et de cacao se visitent avec les guesthouses du village, sans civette. À l'est, la plantation de Lokasari, près de Sidemen, mise sur son café, ses tisanes et son miel. Les deux donnent une meilleure idée du café balinais qu'une tasse de luwak.








